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Les connaissances acquises dans cette recherche par des scientifiques du département de zoologie de l’Université d’Oxford éclairent davantage l’élaboration de plans de conservation durables à long terme pour ces loups et leurs écosystèmes de haute altitude.

La chercheuse principale, le Dr Geraldine Werhahn du WildCRU, Département de zoologie, déclare: « Le résultat de cette recherche est absolument étonnant. Lorsque nous avons commencé en 2014, il était surprenant de constater à quel point on en savait peu sur ces loups habitant une région relativement grande de notre planète. À l’époque, les rares données disponibles indiquaient une différence génétique, mais nous n’avions aucune explication pour expliquer pourquoi ces loups sont différents d’un loup gris. »

« Maintenant, nous savons que ces loups sont différents de la génétique à l’écologie, et nous avons une indication de la raison qui peut en être: le défi évolutif de remise en forme posé par les faibles niveaux d’oxygène dans les hautes altitudes extrêmes. Lorsque nous avons commencé cette recherche, nous pensions que ce loup ne se trouvait que dans l’Himalaya, mais nous savons maintenant qu’il se trouve dans toutes les régions de haute altitude de l’Asie comprenant les habitats de l’Himalaya et du plateau tibétain. Il reste encore beaucoup à révéler sur leur écologie, leur comportement et la taille de leur population. Mais le moment est venu de les protéger ! »

Les chercheurs ont observé où les loups choisissaient leurs sites de tanière et ont constaté qu’au Népal, les meutes de loups de l’Himalaya comptaient en moyenne cinq animaux et étaient donc plus petites que les meutes de loups gris habituelles. Ces informations sur la vie sociale des loups, combinées à des observations sur les pratiques d’élevage dans ces hautes altitudes, permettent d’identifier les zones de conflit immédiat entre l’élevage et l’élevage de petits loups et de proposer des mesures d’atténuation. Les chercheurs ont observé un comportement de mise bas exclusif des loups de l’Himalaya et de leurs petits.

Les études ont utilisé l’échantillonnage de scats de loups pour la recherche génétique et génomique afin de comprendre leur histoire évolutive basée sur un large éventail de régions génétiques différentes. Il a également utilisé les scats pour une étude alimentaire, examinant les espèces de proies que les loups et les autres carnivores ont mangées. Les chercheurs ont étudié quelles espèces de proies et à quelle quantité ont été consommées par les loups et l’ont comparée à l’abondance de ces mêmes espèces de proies dans le paysage pour comprendre ce que les loups avaient à leur disposition et ce qu’ils ont réellement pris.

Les chercheurs ont constaté que le loup de l’Himalaya utilisait plus d’espèces de proies sauvages que le bétail lorsqu’ils considéraient leur disponibilité et ont identifié les principales espèces de proies du loup de l’Himalaya. Le bétail est souvent saisonnier plus abondant dans les habitats que les proies sauvages, ce qui pose deux problèmes. Premièrement, les loups rencontrent beaucoup plus de bétail que de proies sauvages. Deuxièmement, le bétail est en concurrence avec les proies sauvages pour la nourriture et l’espace et déplace souvent les espèces de proies sauvages. En conséquence, les loups n’ont guère d’autre choix que de tuer le bétail. Il s’agit d’une constatation clé pour développer des actions de conservation du loup de l’Himalaya, les solutions étant de restaurer et de protéger les populations de proies sauvages et de travailler à des pratiques d’élevage durables.

Les principales menaces de conservation semblent être la mise à mort de loups pour riposter à la déprédation du bétail, ainsi que la vente de parties du corps dans le commerce illégal florissant d’espèces sauvages. Le bétail est l’un des principaux moyens de subsistance de nombreuses communautés locales dans ces environnements difficiles de haute altitude, et les pertes de bétail ont de graves conséquences financières pour les populations. L’amélioration de la protection du bétail et de la gestion durable peut atténuer considérablement les conflits liés à la déprédation. Le commerce illégal d’espèces sauvages concerne de nombreuses espèces sauvages présentes dans ces régions de haute altitude, les parties animales étant souvent échangées à des prix élevés. Ce commerce illégal d’espèces sauvages doit être radicalement combattu du niveau politique au niveau du sol à travers les pays au profit de nombreuses espèces sauvages.

En outre, une étude d’enquête sociale auprès des communautés locales aide à comprendre ce que les gens veulent et ce dont ils ont besoin pour pouvoir s’engager en faveur de la protection de la faune sauvage dans ces régions.

Les populations locales ont exprimé le souhait d’être étroitement associées aux travaux de conservation. Les groupes communautaires de conservation ont fait leurs preuves dans les régions himalayennes.

Ces résultats de recherche peuvent maintenant être utilisés comme base de données pour reconnaître autrefois le loup de l’Himalaya comme un taxon de loup propre (lui donnant un nom scientifique (latin)). Cette reconnaissance taxonomique formelle ouvre la voie à l’attribution d’un statut de conservation à l’UICN. Ce sont les deux étapes cruciales qui sont maintenant nécessaires pour faire progresser la conservation de ces loups et de leurs habitats.

Ces recherches fondamentales étant maintenant accomplies, il est prévu de poursuivre les recherches pour explorer les aspects comportementaux et écologiques plus détaillés autour de ces loups, tout en pilotant un plan d’action de conservation avec les communautés locales pour élaborer un plan pour le loup de l’Himalaya qui sera applicable à long terme dans toute la région de l’Himalaya.

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